Gabon : Échec des urnes, démocratie au bout du fusil

 Gabon : Échec des urnes, démocratie au bout du fusil

Situation absolument impensable, une coalition d’armées menée par la garde républicaine a pris le pouvoir mercredi 30 août, juste après la proclamation des résultats de la présidentielle qui donnaient Ali Bongo largement vainqueur au détriment d’Albert Ondo Ossa. À la tête de ces officiers supérieurs, le Général Brice Oligui Nguema qui dénonce ces élections fraudées et l’état physique diminué du président déchu.

 

Ce qui était jusque-là impensable, vu la brutalité notoire de l’armée agissant sous les ordres du régime déchu s’est enfin produit. Désormais, mercredi 30 août 2023 fera date dans les annales de l’histoire du Gabon comme étant le jour où l’armée a mis fin au règne dynastique d’une famille qui, de père en fils, aura duré 56 ans au pouvoir. Chose totalement ahurissante dans une république.

Mais toujours est-il qu’après une série d’élections truquées et volées depuis 1993, 2023 s’est avérée être un passage en force de plus, une ligne rouge pour l’armée qui a stoppé net, un autre hold up électoral. Mercredi 30 août 2023, alors même que le président du Centre gabonais des élections (CGE), Michel Stéphane Bonda vient faussement de proclamer Ali Bongo Ondimba vainqueur de la présidentielle du 26 août, un groupe de militaires, tous corps confondus annonce avoir pris le pouvoir pour éviter un nouveau passage en force. Conséquence, les élections ainsi que leurs résultats tronqués dissous, les institutions dissoutes. Et c’est le Comité de transition pour la restauration des institutions (CTRI) qui dirige le pays jusqu’à l’organisation de nouvelles élections libres et transparentes.

La loi de la baillonnette

Là où l’opposition politique qui gagne pourtant les élections n’est pas parvenue à s’imposer, les militaires ont imposé la force des armes. Tous les ingrédients y étaient : la victoire volée à Albert Ondo  Ossa, un Ali Bongo physiquement et intellectuellement diminué par la maladie, mais que les courtisans continuent d’utiliser comme un faire-valoir dans le pillage en bande organisée du pays, la coupe était pleine pour l’armée qui a décidé de mettre un terme à ce désastre. 

Cette éviction des Bongo était donc le sacrifice ultime pour redonner le Gabon aux Gabonais, pour faire respirer la démocratie en permettant une alternance de nouvelles offres politiques au sommet de l’État. Et quoique les coups d’État soient condamnables par principe, celui qui vient d’être orchestré au Gabon par l’ensemble des corps d’armée est un mal salvateur, même s’il semble pour l’heure un saut dans l’inconnu, les militaires ne venant pas au pouvoir pour le lâcher facilement. Dommage qu’à défaut du verdict des urnes, la démocratie soit instaurée par le bout de la baillonnette.

 

CNN

Crédit photo : France 24

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