Bilan d’Ali Bongo : quel crédit pour le rapport de Mays Mouissi ?

 Bilan d’Ali Bongo : quel crédit pour le rapport de Mays Mouissi ?

Dans le cadre du rapport intitulé « 105 promesses, 13 réalisations – Le bilan du second septennat d’Ali Bongo Ondimba (2016-2023) », l’économiste  Mays Mouissi est au centre de critiques.

Mays Mouissi, jeune Gabonais coopté par la françafrique lors du Sommet  France-Afrique présidé par Emmanuel Macron en octobre 2021 à Montpellier, fait grand bruit depuis la publication de ce rapport.

Le rapport prétend dévoiler les vérités cachées et les échecs du règne d’Ali Bongo Ondimba depuis 2009, plongeant ainsi le gouvernement et ses partisans dans l’inquiétude. Pourtant, Mays Mouissi et les autres auteurs du rapport semblent ignorer une période fondamentale : les cinq années où Ali Bongo Ondimba était éloigné des affaires.

En toute objectivité, comment Mays Mouissi peut-il prétendre évaluer les politiques publiques d’un pays lorsque le président élu par le peuple a été absent pendant cinq ans ? Qui a donc été responsable de l’exécution de ces politiques pendant cette période ? Cette question cruciale met en évidence une importante lacune de l’évaluation de  Mouissi et remet en question, l’objectivité du travail ainsi réalisé.

Au vu de cette omission flagrante, il est clair que Mays Mouissi a adopté « une position intellectuellement malhonnête ». Son rapport ne peut être considéré que comme une manipulation visant à tromper les Gabonais. En réalité, il s’agit d’une véritable fumisterie délibérée, surtout quand on connaît le militantisme politique de l’intéressé pour l’opposition.

Il est indispensable de souligner que Mays Mouissi a joué un rôle clé dans l’entreprise Olam, après avoir publiquement critiqué Ali Bongo Ondimba en citant Pierre Mamboundou. Il est toutefois intéressant de noter que c’est Ali Bongo lui-même qui a permis l’implantation d’Olam au Gabon. Mays Mouissi a même fait l’éloge d’Olam Gabon lors d’une interview diffusée sur Gabon 1re. Il est donc évident qu’il a soutenu sans réserve les politiques publiques liées à Olam.

Sans compter la caution de Mays Mouissi à la compagnie d’assurances de la première dame Sylvia Bongo et son apparition tout récemment à Paris lors du sommet pour un nouveau pacte financier mondial au côté du ministre Lee White, l’un des piliers du régime d’Ali Bongo.

In fine, Mays Mouissi, en négligeant le cas de force majeure des cinq années d’absence d’Ali Bongo Ondimba pour cause de maladie, révèle sa partialité et son manque de crédibilité. Son rapport, qui prétend évaluer le bilan du second septennat d’Ali Bongo Ondimba, n’a donc pour mission que de semer le trouble à moins de deux mois des élections générales du 26 août prochain. Ce qui donne du grain à moudre au parti démocratique gabonais qui, lui, estime que ce rapport a certainement été commandé pour nuire à la candidature d’Ali Bongo Ondimba pour un troisième mandat.

Car il est essentiel de rappeler que toute évaluation sérieuse des politiques publiques doit prendre en compte l’ensemble du mandat d’un chef d’État, y compris les périodes d’absence. En ignorant donc cette période clé, Mays Mouissi démontre un parti-pris flagrant et remet en question l’intégrité de son travail. Globalement, c’est un rapport à prendre avec des pincettes au regard de toutes les raisons sus évoquées.

 

 

Justin Mbatchi

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