Gabon/Grève des Médias Publics : gouvernement et syndicats dans un cirque d’opportunistes

Dans une scène digne d’un cirque politique, les médias publics gabonais se sont embrasés avec une grève massive, plongeant le gouvernement dans un numéro acrobatique de jonglage entre les élections imminentes et les revendications syndicales. Mardi 04 juillet, le rideau s’est levé sur cette comédie absurde, avec une grève touchant toutes les entités publiques : Gabon Télévisions, Radio Gabon, IGIS, AGP, TDR… Les retraités, eux aussi, ont décidé de rejoindre la piste en organisant une marche jusqu’à la primature.
Même les régies financières ont décidé de participer à cette mascarade en bloquant la machine, tandis que les eaux et forêts ont décidé de répéter leur grève après une courte pause observée pour l’organisation en mars dernier du One Forest Summit. C’est un véritable festival du rire où chacun tente de tirer son épingle du jeu.
Les Gabonais se grattent la tête face à cette troupe de partenaires sociaux opportunistes qui attendent toujours la veille des élections pour intensifier leurs revendications. Serait-ce un nouvel art du chantage politico-syndical ? On se demande si les syndicats ont pris des cours de comédie à la Française, car ils semblent suivre le scénario à la lettre. Selon cette pièce grotesque, l’État est le responsable de tous les problèmes syndicaux, il décide du timing des crises sociales et offre des solutions en fonction de ses intérêts politiques. Un scénario bien rôdé qui ne manque jamais de divertir la galerie.
Le Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag) a joué sa partition avec brio en engageant un rapport de force retentissant avec le gouvernement. Le jeudi 29 juin 2023, son spectacle s’est achevé par un vote à l’Assemblée nationale pour le projet de loi portant Statut des magistrats. Une victoire pour le Synamag qui a obligé le gouvernement à danser au rythme de ses exigences. Un vrai numéro de dressage !
Cette performance, réussie du Synamag, a inspiré les médias publics et les autres entités publiques qui se sont senti pousser des ailes. Ils ont décidé de prendre le centre de la scène en faisant grève pour obtenir, à leur tour, une prise en compte de leurs désirs de meilleures conditions de travail. Après tout, si les magistrats ont réussi à faire flancher le gouvernement, pourquoi pas eux ?
En cédant aux caprices du Synamag à deux mois des élections, le gouvernement s’est tiré une balle dans le pied. Les autres acteurs syndicaux, voyant les failles du gouvernement, veulent également leur part du gâteau. Ils sont prêts à tout pour mettre le gouvernement sur la corde raide. Le spectacle continue et les partenaires sociaux s’apprêtent à jouer leur numéro pour obtenir leur part du buffet présidentiel.
Mais la grande question reste : où le gouvernement va-t-il trouver tout cet argent pour apaiser cette grogne syndicale ? Après tout, dans cette pièce de théâtre absurde, tout est possible !
Pendant ce temps, les Gabonais assistent à ce spectacle avec une pointe d’amusement mêlée de cynisme. Ils savent que derrière les masques des acteurs politiques et syndicaux se cache une farce politique sans fin. Les élections approchent, et le cirque continue de plus belle. Les promesses électoralistes pleuvent, les discours grandiloquents se succèdent, mais au final, les Gabonais se demandent si ces acteurs politiques se préoccupent réellement de leur bien-être ou s’ils sont simplement préoccupés par leur propre intérêt.
En-tout-cas, une chose est sûre : tout ce spectacle ne fait que souligner les lacunes d’un système où le rapport de force prime sur la gestion rationnelle et équitable des affaires publiques. Les médias publics, les syndicats et le gouvernement jonglent avec les désirs et les intérêts de chacun, sans véritablement se soucier des conséquences pour le pays.
En attendant, le spectacle continue, et les Gabonais gardent un œil attentif sur cette comédie qui se joue devant eux. Peut-être que, parmi tous ces numéros de jonglage et de chantage, émergera un véritable engagement pour le bien-être du peuple gabonais. Mais pour l’instant, le rideau reste ouvert sur ce théâtre politique absurde et burlesque, dont l’addition risque d’être salée, non seulement pour le gouvernement, mais pour l’ensemble du pays.
Justin Mbatchi