Crise permanente au Barreau national du Gabon : la lettre de Me Nzé Bérenger à la garde des Sceaux qui divise l’Ordre

 Crise permanente au Barreau national du Gabon : la lettre de Me Nzé Bérenger à la garde des Sceaux qui divise l’Ordre

Une nouvelle polémique secoue le Barreau national du Gabon suite à une lettre adressée par Me Nzé Bérenger, avocat à la cour, à la ministre de la Justice, Erlyne Antonela Ndembet. Dans cette lettre datée du 22 juin 2023, Me Nzé Bérenger demande à la ministre de constater la vacance du poste de Bâtonnier de l’Ordre des Avocats, provoquant des réactions mitigées parmi ses confrères.

La crise au sein du Barreau national trouve son origine dans l’annulation de l’élection de Me Raymond Ndong Sima comme Bâtonnier, en avril dernier, suite à des requêtes déposées par Me Jean Paul Moumbembé et Me Gilbert  Érangha. C’est dans ce contexte que Me Nzé Bérenger interpelle la garde des Sceaux en soulignant : « je me sens le devoir d’honneur, la responsabilité devant l’histoire et l’humilité de celui qui demande de vous adresser la présente pour solliciter de vous la constatation de la vacance du poste de Bâtonnier au sein du Barreau National des Avocats du Gabon».

Cependant, cette initiative de Me Nzé Bérenger n’est pas bien accueillie par certains de ses confrères, dont Me Jean Paul Moumbembé, qui dénonce une attitude qui déshonore la profession. Selon lui, écrire au ministre de la Justice, qui n’est pas leur tutelle, est une démarche individuelle qui ne représente pas l’ensemble des avocats. Il insiste sur le fait que le Barreau est un ordre indépendant et que chaque avocat doit agir dans la dignité et dans la solidarité, sans recourir aux autorités politiques.

Pour Me Jean Paul Moumbembé, il n’y a pas de vacance du poste de Bâtonnier, car l’absence du Conseil de l’Ordre est la véritable problématique à résoudre.  Selon la loi régissant la profession d’avocat au Gabon, le Conseil d’État est compétent pour régler les incidents au sein du Barreau national, qui n’est pas une entité privée, mais un organisme public.

La lettre de Me Nzé Bérenger a ainsi ravivé les tensions au sein du Barreau national du Gabon et témoigne de la division qui règne parmi les avocats. Alors que certains soutiennent sa démarche, d’autres la considèrent comme nuisible à l’unité et à l’image de la profession. La résolution de cette crise reste un défi majeur pour le Barreau national et pour le bon fonctionnement de la justice au Gabon.

 

Justin Mbatchi

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