Gouvernement : 100 jours et un bilan mitigé pour Bilie-By-Nze

 Gouvernement : 100 jours et un bilan mitigé pour Bilie-By-Nze

Nommé le 24 janvier dernier, le Premier ministre, Alain-Claude Bilie-By-Nze a franchi la barre de 100 jours le 19 avril. S’il avait dévoilé une feuille de route en 12 chantiers, un peu plus de trois mois après, l’essentiel de ces engagements attend encore d’être mis en œuvre.

Largement saluée dans l’opinion, sa nomination début janvier dernier avait été bien accueillie, l’homme étant réputé pour être un travailleur rigoureux et exigeant, avec le souci du résultat.

Son souci pour le résultat, Alain-Claude Bilie-By-Nze l’a fait savoir lors de sa déclaration de politique générale, le 24 janvier devant l’Assemblée nationale, en présentant les 12 chantiers de son gouvernement.

Un gouvernement hétéroclite, composé de caciques, de nouveaux et d’anciens membres rappelés pour les besoins de la cause. Soit un mélange de jeunesse et d’expérience, du neuf et du vieux pour cette équipe dont la mission est de catalyser toutes les intelligences vers un double objectif : la poursuite de la mise en œuvre des réformes et des projets engagés, avec la recherche de meilleures solutions de financement des chantiers qui peuvent l’être, et la résolution des urgences sociales qui précarisent davantage le quotidien des Gabonais.

L’urgence commandant l’action, dans l’ordre des priorités, le Premier ministre , Alain-Claude Bilie-By-Nze place la vie chère en point 1. Mais l’occasion faisant le larron, c’est finalement par la politique qu’il attaque, avec l’organisation en février de la concertation politique entre la majorité et une partie de l’opposition, l’autre ayant boycotté la rencontre, pointant la ruse du pouvoir. La ruse, le pouvoir va en effet la manier puisque tous ses cadors mobilisés obtiennent la suppression des dispositions électorales pouvant mettre en mal une énième « victoire » du régime. Ainsi, le mode d’élection à deux tours est supprimé. La révision constitutionnelle adoptée récemment consacre donc ce retour en arrière, malgré la réduction de 7 à 5 ans du mandat présidentiel. Le régime parle d’avancées qui vont permettre des élections aux lendemains apaisés.  L’opposition parle elle d’un recul démocratique, les mêmes causes produisant les mêmes effets. Puisque rien n’a changé.

Vie chère et deuil

Après la politique, un peu plus de deux mois plus tard, les assises nationales sur la vie chère se tiennent à Libreville, après celles provinciales.

De l’alimentation au loyer en passant par le transport, l’éducation et la santé, des propositions sont faites par les différents acteurs réunis durant deux jours à Arambo. Alors que l’opinion doute de leur mise en œuvre par le gouvernement, Alain-Claude Bilie-By-Nze rassure qu’elles seront appliquées, mais pas toutes. Le gouvernement ne fera que ce qui est possible de faire. En attendant donc cette mise en œuvre, la vie chère continue d’étrangler les populations, en absorbant par mois 80 % de leurs maigres revenus.

Le Chef du gouvernement aura aussi géré deux catastrophes majeures liées à la défaillance des transports : l’éboulement intervenu sur la voie ferrée le 24 décembre 2022, suivi des déraillements récurrents à l’origine de l’arrêt du trafic ferroviaire pour les passagers, et le naufrage le 09 mars 2023 au large de Libreville du navire Esther Miracle, dont certaines victimes restent, à ce jour, introuvables.

Excepté la politique avec la concertation, l’économie avec les assises sur la vie chère, et la santé avec la réception par le président Ali Bongo Ondimba des containers de médicaments pour les pharmacies des hôpitaux publics, l’essentiel des 12 chantiers annoncés attend encore d’être réalisé.

Moyens insuffisants

Face aux critiques des députés de l’opposition qui pointaient déjà le 24 janvier dernier, le manque de financement de sa politique, avec seulement 300 milliards de FCFA sur un budget global de l’État de 3 000 milliards, en bon tchatcheur, Alain-Claude Bilie-By-Nze avait déjà pris les devants, expliquant que sa méthode, basée sur le pragmatisme, consistait à réaliser ce qui peut l’être avec les moyens disponibles. Ce qui sous-entend qu’avec si peu de moyens, l’essentiel de ces 12 chantiers ne sera pas réalisé.

À l’évidence, les 100 premiers jours d’Alain-Claude Bilie-By-Nze à la tête du gouvernement gabonais n’auront peut-être pas été un échec patent. Mais constituent plutôt le point de départ d’un engagement qui commence déjà à susciter des doutes.

 

CNN

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