Programme d’actions de Bilie By-Nze : l’opposition à rebours du « déjà-vu »

 Programme d’actions de Bilie By-Nze : l’opposition à rebours du « déjà-vu »

Alors qu’il disposait d’un délai de 45 jours depuis sa nomination au poste de Premier ministre le 9 janvier dernier, Alain Claude Bilie By-Nze n’a pas attendu longtemps. Il a présenté, ce mardi 24 janvier 2023, son programme d’actions devant le Parlement. Malgré le vote de confiance du bataillon des députés de son parti, le PDG qui domine l’Assemblée nationale, l’opposition est restée fidèle à elle-même en votant contre.

Pour les représentants de l’opposition qui se sont succédé à la tribune, ce programme d’actions de Bilie By-Nze ressemble en tout  point de vue à ceux de ses prédécesseurs. Ce qui lui donne un air du déjà-vu et du déjà-entendu. Cette charge assénée par la députée Albertine Maganga Moussavou du groupe parlementaire Les forces démoniaques unies (FDU), a été reprise et amplifiée par Séraphin Akure Davain. Le président du groupe Les Démocrates a estimé que toutes ces promesses relèvent de la simple démagogie que du réalisme, le budget de l’État ne consacrant qu’à peine 10 % à l’investissement sur un peu plus de 3 milliards de FCFA.

Mieux, il a fustigé le monopole du commerce tenu par les expatriés, faute de politiques publiques incitatives au profit des nationaux. Dans cette logique, Séraphin  Akure Davain a également dénoncé le monopole absolu et entretenu d’Olam, la firme Singapourienne qui gère désormais les ports, le bois, l’agriculture.

Crise urbaine, la grande oubliée

L’autre charge plus virulente est venue cette fois d’un homme qu’on n’attendait certainement pas là, Serge Maurice Mabiala du Rassemblement Héritage et Modernité (RHM), un parti qui compte pourtant un ministre au gouvernement. Le député qui a pris la parole au nom des « Non-inscrits », a torpillé en des termes on ne peut plus durs, ce programme d’actions du nouveau Premier ministre, un programme qui ne fait nullement mention de la crise urbaine, avec son lot d’inondations, d’embouteillages qui réduisent la mobilité des populations et autres défis qu’elle pose au quotidien depuis 62 ans. Car le Gabon, d’après le député du 1er Arrondissement de Mouila, « traverse une très grave crise urbaine, qui n’annonce nullement l’émergence à l’horizon 2025 » comme prévu par le gouvernement.

 

« Cette frontière sera atteinte dans deux ans, et laissez-nous vous dire que chaque Gabonais sait très bien à quoi ressemblera son pays dans deux ans. Dans tous les cas, Mouila, ma circonscription électorale, ne sera pas une commune prospère. On y connaîtra encore des délestages, un réseau d’adduction d’eau sous dimensionnée face aux besoins des populations, des inondations annuelles faute d’infrastructures d’assainissement fiables, des équipements scolaires et de santés décadentes ». La même réalité est observable partout à travers le pays.

Au fond, pour Serge Maurice Mabiala, le nouveau chef du gouvernement qui n’aura aucune autorité sur ses ministres ne fera absolument rien pour le bien-être des Gabonais. Il n’a été placé là que pour la cause électoraliste, comme l’a signifié Albertine Maganga Moussavou.

Malgré un vote de confiance des députés PDG, archi majoritaires, le programme d’actions d’Alain Claude Bilie By-Nze aura été malmené, comme il fallait s’y attendre par l’opposition qui n’en attend rien au regard des expériences du passé.

 

 

CNN

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