Dialogue pré-électoral : vers un report de la présidentielle ?

 Dialogue pré-électoral : vers un report de la présidentielle ?

Faisant suite à l’appel au dialogue lancé depuis l’année dernière par l’opposition, lors de son discours des vœux à la nation du 31 décembre 2022, le président gabonais, Ali Bongo Ondimba a annoncé que cette rencontre se tiendrait prochainement. Mais la loi interdisant toute modification du code électoral en année électorale, certains craignent déjà que ce dialogue, qui arrive quelque peu tardivement, ne débouche sur un report de la présidentielle qui aura probablement lieu en août prochain.

Après un long silence, le pouvoir est enfin disposé à dialoguer avec l’opposition, qui appelle depuis à des discussions pour redéfinir les règles d’un scrutin démocratique et transparent. L’objectif est d’éviter au pays des lendemains électoraux troubles, comme c’est la tradition électorale au Gabon.

Après plusieurs échecs qu’elle met sur le compte de la tricherie du pouvoir, l’opposition est convaincue qu’il faut imposer des règles du jeu claires pour parvenir à l’alternance au sommet de l’État.

Pour cela, elle a déposé l’année dernière, un mémorandum contenant plusieurs propositions auprès de la Cour constitutionnelle et du ministère de l’Intérieur, deux institutions clé du processus électoral au Gabon.

Parmi ces propositions, la mise en place d’un procès-verbal vidéo, la transmission par voie électronique des résultats électoraux au Centre gabonais des élections à Libreville, après la proclamation par les Centres locaux. Ceci pour en finir avec le convoyage de ces résultats par des militaires, avec un risque accru de fraude.

Des propositions que l’opposition devrait mettre sur la table des prochaines discussions avec le pouvoir. Si elles sont acceptées, même si le doute demeure, la question restera alors de savoir comment les intégrer dans la loi électorale.

Dialogue de toutes les inconnues

Deux scénarios sont possibles. Le premier est que les acteurs politiques acceptent de piétiner la loi en faisant fi de la disposition qui interdit toute modification du code électoral en année électorale. Dans ce cas, il suffira juste d’intégrer illico presto les recommandations issues de ce dialogue dans le code et d’aller aux élections vraisemblablement en août 2023.

Le deuxième scénario est de respecter la loi. Dans ce cas de figure, le dialogue politique pourrait déboucher sur le report du scrutin présidentiel, le temps de la mise en œuvre dans les délais légaux des recommandations qui seront retenues de ces assises.

La conséquence directe de ce scénario sera sans doute la mise en place d’une transition qui sera soit dirigée par Ali Bongo, dont le mandat s’achève en octobre 2023, soit par une autorité jugée indépendante, en attendant l’organisation d’une élection présidentielle transparente, selon les termes du dialogue pré-électorale dont la date reste pour l’heure inconnue. Dans tous les cas, c’est un dialogue de toutes les inconnues qui s’annonce entre majorité et opposition.

 

 

CNN

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