[Gabon]Politique/Violences post-électorales : le « plus jamais ça » de la société civile

 [Gabon]Politique/Violences post-électorales : le « plus jamais ça » de la société civile

Contestations, affrontements entre partisans de l’opposition et forces armées, morts d’hommes, bâtiments incendiés, magasins pillés, etc. Tel est le scénario chaotique qui accompagne les élections présidentielles depuis des décennies au Gabon. Pour en finir avec ce cortège de violences, la société civile, réunie en congrès fin août à Libreville, propose entre autres un code de bonne conduite des candidats. Mais cela suffira-t-il pour pacifier le scrutin ?

« Nous ne voulons plus des lendemains des élections qui font peur aux populations », a d’entrée de jeu clamé, avec son ton vorace, Georges Mpaga du Réseau libre des organisations de la société civile gabonaise.

Face à l’échec des politiques, le consortium des organisations de la société civile qui milite pour la démocratie et la transparence électorale veut saisir le taureau par les cornes pour en finir avec le cortège de violences meurtrières qui accompagne les élections présidentielles depuis des décennies, et qui s’est même amplifié ces dernières années.

L’exemple terrifiant de 2016 est encore vivace dans les esprits, notamment avec l’assaut de l’armée le 31 août de cette année-là sur le QG d’un des candidats, Jean Ping qui revendiquait sa victoire « volée ». Bilan 4 morts selon les autorités, chiffre sous-évalué par l’opposition qui avance « des dizaines de morts et de disparus ».

Une tragédie inimaginable au 21e siècle dans un pays qui se dit pourtant démocratique, alors que les élections présidentielles sont toujours un moment de terreur tant redouté par les populations, s’interroge toujours l’opposition.

Pour éviter que pareille situation ne se répète, le consortium des organisations de la société civile qui s’est réuni du 23 au 25 août dernier à Libreville, a adopté une série des recommandations parmi lesquelles le déploiement de sa propre mission d’observation, le code de bonne conduite applicable par les partis politiques et les candidats aux élections, la publication des résultats par les commissions locales avant leur transmission à Libreville par Internet et non plus par convoyage habituel.

Espoirs et doutes

Autant de propositions qui, si elles étaient prises en compte par le code électoral, participeraient à la lutte contre la fraude électorale, source des contestations et des lendemains post-électoraux troubles. En tout cas, la société civile veut y croire.

Même si certains doutent, de l’efficacité de ces recommandations, la fraude étant devenue pour eux pathologique et symptomatique de l’élection présidentielle au Gabon, avec cette initiative, la société civile compte déjà mettre la pression sur les épaules des politiques et des structures en charge des élections. Surtout lorsqu’elle annonce le déploiement de ses propres observateurs. Encore faut-il que ces observateurs soient en nombre suffisant pour couvrir tous les 2500 bureaux de vote, afin de produire leurs propres rapports du déroulement du scrutin. En aura-t-elle les moyens ? Ces observateurs, vont-ils être accrédités par le ministère de l’Intérieur ?

Autant de questions qui demeurent sans réponse pour l’instant.

Quoiqu’il en soit, au milieu des doutes des uns et des espoirs des autres, la société civile pense avoir montré le chemin pour que l’élection du président de la République ne soit plus un moment de terreur, mais plutôt l’expression de la volonté du peuple. Car il y va de la légitimité des gouvernants.

CNN

Related post