[Gabon]Présidentielle 2023 : Gervais Oniane et son « Gabon d’abord »
Candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2023, Gervais Oniane a pour slogan « Gabon d’abord », avec en prime, la nationalisation de certains domaines d’activités pour lutter contre le chômage des jeunes.
Intellectuel accompli, et presque anonyme politique, le diplômé de l’Institut de hautes études de défense nationale de Paris et du centre américain d’études stratégiques sur l’Afrique a décidé d’attirer les projecteurs sur lui. Gervais Oniane, 55 ans et président de l’Union pour la République sera bel et bien candidat à l’élection présidentielle de l’année prochaine. Il a expliqué ses motivations récemment lors d’une interview accordée aux journalistes.
Son projet de société axé sur le slogan « Gabon d’abord » vise le plein-emploi, à travers notamment la nationalisation de certains domaines d’activités à l’exemple du métier de chauffeur de taxi qui doit être exclusivement réservé au Gabonais, comme cela se fait dans d’autres pays du continent tels que le Cameroun, le Sénégal, le Maroc.
Récemment, au Congo Brazzaville, le gouvernement a pris la décision de réserver ce métier aux seuls Congolais.
Toujours dans cette politique de plein-emploi, Gervais Oniane propose également que les entreprises opérant au Gabon embauchent au moins 50 % des nationaux pour les petites, 60 % pour les moyennes et 80 % pour les grandes.
Il propose également la construction de Libreville 2, un vaste chantier d’extension, d’aménagement et de construction d’immeubles de plusieurs dizaines d’étages. Ce qui nécessite également la construction de routes et autres infrastructures connexes, avec à la clé de nombreux emplois. Pour y parvenir, il propose l’expansion territoriale du Grand Libreville au-delà de Ntoum, en l’entendant jusqu’à Cocobeach.
Qui de la transparence électorale ?
Pour Gervais Oniane, la transparence électorale au Gabon n’est qu’un leurre. C’est un combat perdu d’avance. Militer même pour sa garantie, c’est comme perdre son temps puisqu’il est établi depuis des décennies que même les institutions intervenant dans le processus électoral sont du côté du parti démocratique gabonais. « Si tu veux battre le PDG, ne t’attends pas à ce qu’on t’apporte, des garanties de transparence électorale », dit-il.
Celui qui se déclare centriste, estime que plus de 60 % des Gabonais ne votent plus parce qu’ils ne sont ni pour l’un ni pour l’autre camp. Il faut donc se battre pour cette catégorie qui ne se reconnaît nulle part, parce que désabusée par le pouvoir et par l’opposition.
Un « ni..ni » infructueux ?
Mais cette position de « ni..ni » va-t-elle lui réussir quand on sait depuis des années, la bipolarité importante entre le pouvoir et le candidat le mieux placé de l’opposition à l’élection présidentielle ?
À l’évidence, le paysage électoral gabonais est structuré de telle sorte que les candidats centristes ou indépendants au scrutin présidentiel ne puissent pas véritablement prospérer, à l’exception notable d’André Mba Obame en 2009. Mais là encore les contextes et personnages ne sont pas les mêmes. Car ce qui avait réussi à AMO, fils putatif d’Omar Bongo et pourfendeur acharné d’un système qui l’avait façonné jusque-là, ne peut forcément pas réussir à Gervais Oniane, centriste modéré.
Or, l’électorat gabonais qui vote majoritairement pour l’alternance est friand des transfuges radicaux qui affichent leur opposition frontale au régime en place. C’est ce qui a propulsé également Paul Mba Abessole en 1993, Pierre Mamboundou Mamboundou en 1998 et Jean Ping en 2016. Même si aucun d’eux n’est parvenu à prendre le pouvoir, ils ont réussi néanmoins à tenir la dragée haute aux vainqueurs déclarés du PDG, les contraignant à des négociations après des élections souvent chaotiques.
Faisant fi de cette realpolitik, Gervais Oniane lui croit dur comme fer qu’il pourra être l’exception qui contrôle la règle le moment venu. Rendez-vous 2023.
CNN