[Gabon] Politique/Réformes électorales : l’opposition dans une course contre la montre

 [Gabon] Politique/Réformes électorales : l’opposition dans une course contre la montre

À la veille des élections générales de 2023, l’opposition fait désormais feu de tout bois pour l’organisation d’un scrutin démocratique crédible. Pour cela, elle multiplie des initiatives, allant des propositions à prendre en compte dans le code électoral à la réflexion d’une stratégie de candidature commune. Pourtant, le temps qui passe ne tourne pas en sa faveur, la loi interdisant toute modification des textes en année électorale.

Après une rencontre de réflexion sur l’alternance démocratique le 23 avril dernier à Lambaréné, capitale provinciale du Moyen-Ogooué (centre du Gabon), l’opposition gabonaise avait ensuite signé début juin, un mémorandum contenant des propositions pour l’amélioration de la loi électorale.

Parmi les 10 partis signataires, les principaux comme l’Union nationale et Les Démocrates. Le document devait être déposé au ministère de l’Intérieur et à la Cour constitutionnelle, deux administrations intervenant en amont et en aval du processus électoral en République gabonaise.

Les réformes proposées concernent aussi bien le cadre juridique qu’institutionnel, notamment l’indépendance de la Cour constitutionnelle, des magistrats qui la composent, etc. Elles touchent même les forces de sécurité et de défense.

Avec ce mémorandum, l’opposition qui est restée longtemps en hibernation, complètement déstructurée depuis la désillusion de 2016, semble enfin avoir pris conscience des enjeux du scrutin. Elle se remet progressivement en selle pour essayer de peser dans le débat électoral, afin de ne pas laisser le champ libre au PDG, le parti démocratique gabonais au pouvoir depuis 54 ans. Et c’est dans cette lancée que certains leaders sont allés échanger la semaine dernière avec la présidente de la Cour constitutionnelle.

Aucune chance

Sans lui dénier son importance dans un pays où l’élection présidentielle rime toujours avec conflit et mort d’homme, le plaidoyer de l’opposition n’a aucune chance d’aboutir, car l’initiative des réformes des textes de ce genre relève du parlement, souvent à l’issue d’un dialogue politique entre majorité et opposition. Et non d’une démarche individuelle d’un parti ou groupement de partis politiques.

Les chances d’aboutissement de sa démarche pourtant pertinente sont quasi-nulles, que ce soit au ministère de l’Intérieur ou à la Cour constitutionnelle. Même au cas où cette initiative avait une chance de prospérer, à plus que 14 mois du scrutin, soit un an et trois mois, cet éveil quelque peu tardif de l’opposition est désormais synchronisé avec le temps qui tourne vite, toute réforme du code électoral étant purement et simplement interdite en année électorale. On imagine donc mal comment cette démarche pourrait aboutir en seulement trois mois, entre la date de son dépôt et la prise de décision, si décision favorable il devait y avoir, surtout quand on connaît les lenteurs notoires de l’administration gabonaise. C’est désormais une véritable course contre la montre.

CNN

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