[Gabon]Éducation/passage en classe supérieure : le vrai-faux débat du gouvernement

 [Gabon]Éducation/passage en classe supérieure : le vrai-faux débat du gouvernement

Après avoir admis que le passage en classe supérieure pouvait être accordé en conseil de classe aux élèves ayant une moyenne de 9,5/20, le ministère de l’Éducation nationale a finalement fait machine arrière sous les critiques. Désormais, il faudra avoir une moyenne égale ou supérieure à 10/20.

En moins d’une semaine, le gouvernement a fait un revirement à 360°. Mais inutilement. Car les passages avec 9,5/20 ont toujours existé au Gabon depuis des décennies. Que ce soit aux différents examens comme le Cep, le BEPC, le Bac, ou encore au niveau du passage en classe supérieure. Tout le monde ou presque est passé par là, y compris ceux qui sont devenus cadres aujourd’hui, ceux qui sont devenus retraités et ceux qui sont en formation dans des universités et grandes écoles du pays.

Loin de faire l’éloge de la médiocrité comme on l’entend dire çà et là. En effet, le repêchage a toujours existé au Gabon et a profité jusqu’ici à des centaines de milliers de ceux qui ont réussi aujourd’hui.

Approche scientifique

Dans un pays normal, une telle mesure, si elle en est une, ne se prend pas sur un coup de tête. Elle doit nécessiter une étude préalable sur le terrain. Il faut d’abord chercher à connaître le profil des élèves qui passent avec 9,5. Combien sont-ils par an, par rapport à ceux qui passent avec une moyenne égale ou supérieure à 10/20 ? Une fois en classe supérieure, que deviennent-ils ? Est-ce qu’ils abandonnent en cours de chemin ? En un mot, combien réussissent-ils à la fin par rapport à ceux qui passent avec au moins 10 de moyenne ?

Ce n’est qu’au bout de cette étude comparative qu’on pourrait véritablement juger de la faiblesse ou non du niveau de cette catégorie d’élèves qui passent avec 9,5. D’autant que si la moyenne minimum de 10,20 est une norme pour évaluer les apprenants, elle n’est toujours pas un indicateur fiable pour jauger le niveau réel de l’élève.

Un élève brillant et assidu peut, par concours de circonstances, flancher et tomber à 9,5 sur une évaluation quelconque. Faut-il pour autant lui refuser le passage en classe supérieure au motif qu’il n’en a pas le niveau ? De même, un élève souvent médiocre peut, sur une évaluation, avoir une note égale ou supérieure à 10 sur 20. Est-il pour cela le meilleur ?

Quel est alors l’intérêt pour l’administration de l’éducation nationale de venir préciser quelque chose qui a cours depuis des décennies ? Les passages avec 10 ou 9,5, n’ont-ils pas toujours existé au Gabon ?

Au fond, il s’agit d’un vrai-faux débat créé par le gouvernement. Dans quel intérêt ? Bien malin qui pourrait le deviner.

CNN

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