[Gabon] Le PDG : au-delà des apparences

 [Gabon] Le PDG : au-delà des apparences

Crée le 12 mars 1968 à Koulamoutou dans le Sud-est du Gabon, le PDG, parti démocratique gabonais au pouvoir depuis plus d’un demi-siècle a célébré samedi 12 mars, son 54 anniversaire. Derrière cette célébration en fanfare, tel un arbre qui cache la forêt, subsiste de nombreuses pratiques à l’origine de la perte progressive des « masses. »

À Libreville, la tente du jardin botanique était comble de monde. Les militants les plus frénétiques ont crié jusqu’à perdre haleine, le nom d’Ali Bongo Ondimba, le « Distingué Camarade Président » du parti. Et la ferveur a été telle que toute la salle en fusion s’est agitée au rythme des chants à la gloire du président. À la vue de cette euphorie générale, si elle était sincère, on aurait eu l’impression d’un PDG renouvelé, plus ragaillardi qu’auparavant. Au point que certains, imbus d’un optimisme démesuré ont même vaticiné « une victoire cache et sans bavure » à la présidentielle de 2023.

Pourtant, un regard dans le rétroviseur de ces 13 dernières années montre une régression du parti démocratique gabonais . Un parti dont les premières fissures sont apparues dès la présidentielle anticipée, suite au décès du patriarche Omar Bongo en 2009, notamment avec les départs d’anciens cadres et non des moindres comme André Mba Obame, Casimir Oye Mba, Paulette Missambl, Jean Eyeghe Ndong (même si, intérêts obligent, l’homme est revenu dans les bonnes grâces du régime. Et comme si cela ne suffisait pas, le deuxième malaise serait intervenu dans la foulée de la présidentielle de 2016. Jean Ping, Guy Nzouba Ndama, Jacques Adiaheno, Alexandre Barro Chambrier, René Nemezo’o Obiang (qui a fini par revenir au PDG), font partie des départs enregistrés à cette époque.

Bien que la plupart de tous ces démissionnaires aient pu revenir pour être du côté de la mangeoire plutôt que de celui d’une opposition affamée, le PDG ne semble plus disposer de la même influence du parti des masses d’autrefois. Car ceux qui reviennent ne sont plus assurés de la même représentativité. Pas plus que ceux qui les accueillent sont assurés de leurs vraies intentions. Partout, c’est l’incertitude et le flou qui règne, comme pour les récentes nominations qui font déjà grincer les dents en sourdine pour ceux qui s’estiment lésés au profit d’une caste des jeunes dont le seul mérite est d’être dans le sérail. Ce d’autant que le Congrès de décembre 2017 avait retenu l’élection comme seul mode de désignation des responsables des structures du parti pour faire vivre la démocratie au sein du PDG. 

Voilà qui pourrait avoir un effet contraire pour ces nominations des gens pour la plupart sans base électorale et donc sans représentativité. Surtout au regard de la sociologie de l’élection présidentielle pour laquelle l’essentiel de l’électorat vote toujours en faveur de l’opposition, à en juger par les résultats des différents scrutins présidentiels de cette dernière décennie.

CNN

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