[Gabon] Politique : Jean Ping et le discours de survie

 [Gabon] Politique : Jean Ping et le discours de survie

Comme il le fait depuis le terme de la dernière présidentielle, Jean Ping s’est exprimé samedi 19 février dans son discours au peuple gabonais. Sans surprise pour le candidat de l’opposition en 2016, la teneur reste la même : usurpation de sa victoire par le pouvoir d’Ali Bongo, nécessité d’une vacance du pouvoir, etc.

Globalement, c’est la rengaine habituelle que Jean Ping a encore servie à ses militants. On aurait dit du déjà entendu. Un discours qui sonne désormais comme un baroud d’honneur, tant l’opposant qui avait conquis un grand succès lors de la présidentielle de 2016, est devenu tricard au fil du temps en se claquemurant dans sa résidence des Charbonnages à Libreville.

Après l’échec de sa campagne de résistance lancée au lendemain de la présidentielle pour contester systématiquement la victoire de son rival Ali Bongo, au Gabon comme à l’étranger, et alors que son écurie politique se vide jour après jour de tous ses chevaux, René Nemezo’o Obiang, Frédéric Massavala Maboumba, Jean Eyeghe Ndong, pour ne citer que ceux-là, Jean Ping s’est presque barricadé, ne faisant plus que quelques apparitions opportunes.

Son silence sur les grandes questions telles que l’autorisation de l’homosexualité, de l’adultère, les mesures anti-Covid-19 imposées par le gouvernement, ou encore l’explosion de la dette publique, a fini par le rendre, à la limite, inexistant du débat public au Gabon. Une attitude qui a fini par diluer toute l’opposition, laquelle n’aboie jusqu’ici que dans ses retranchements, laissant ainsi le champ libre au pouvoir en place qui pousse ses décisions, même les plus mauvaises. Tout cela en l’absence d’un contrepoids véritable, la nature ayant horreur du vide.

Dans ce contexte, la sortie de Jean Ping, malgré ses objurgations inoffensives contre les tenants du pouvoir, ne semble plus convaincre grand monde de son « incapacité à agir » pour changer le cours des événements, ou encore pour reconquérir sa « victoire volée » comme il l’avait promis, jurant sur un carnet d’adresses qui a du reste fini par montrer ses limites.

Ses apparitions opportunes ne donnent désormais que l’impression d’une survie politique en l’absence des actions concrètes d’un leader d’opposition manifestement en rade. Car après avoir fait transpirer le pouvoir en 2016, Jean Ping, tel un lion blessé, ne fait plus peur, ni au gouvernement qui se moque volontier de ses déclarations aphones, ni même dans une opposition où il ne semble plus influencer personne.

CNN

Related post