[Gabon] politique/ Présidentielle à deux tours : enfin une chance pour l’opposition ?

 [Gabon] politique/ Présidentielle à deux tours : enfin une chance pour l’opposition ?

Pour la première fois de son histoire politique depuis le retour au multipartisme en 1990, le Gabon va organiser l’année prochaine, sa première élection présidentielle à deux tours. Ce qui accroît les chances d’alternance pour l’opposition qui pourrait se regrouper au second tour contre le candidat du pouvoir.

Si les règles du jeu sont respectées par tous, si la compétition est réellement ouverte et crédible comme dans un vrai système démocratique, un second tour est envisageable au terme du premier round de la présidentielle de 2023. Scénario tant redouté par de nombreux régimes africains qui évoluent pour la plupart dans un système de scrutin à un tour, il pourrait bien permettre à l’opposition gabonaise de déboulonner enfin le candidat du parti démocratique gabonais, quel qu’il soit.

Pourvu que toute l’opposition fasse bloc autour d’un candidat qualifié pour le second tour. Mais face aux stratégies notoires de débauchage du pouvoir qui pourrait alors utiliser les gros moyens de surenchère « à coups de billets de banque » pour sauver son candidat de cette stratégie redoutable, difficile de prédire ce front commun des partisans de l’alternance au second tour.

Surtout dans une classe politique réputée pour son clientélisme ambiant et l’instabilité des leaders, qui naviguent à vue d’un camp à un autre, mus par la seule recherche d’une « place au soleil » que par une idéologie fondamentale clairement assumée. Vue sous cette évidence, l’élection présidentielle ne servirait à autre chose qu’à la victoire probable du candidat du PDG, qui pourrait alors se targuer d’une légitimité au fond problématique. Comme cela a toujours été le cas.

Autrement dit, une élection à deux tours en Afrique n’est pas de facto la garantie d’une alternance politique tant rêvée par l’opposition. Inutile de croire que le Gabon qui a accepté cette règle à pas forcés fera exception. Encore faut-il que cette opposition comprenne à l’unanimité les enjeux du scrutin et résiste fortement à la tentation des « billets roses » qui ne manqueront certainement pas d’être agités par le camp d’en face pour sauver sa face. Sinon 2023 risque d’être, lui aussi, un autre rendez-vous manqué. Et la désillusion serait alors amère à digérer.

CNN

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