[Gabon] Covid-19 : les contradictions du gouvernement Ossouka
Débouté deux fois par la Cour constitutionnelle qui a annulé deux arrêtés prévoyant de nouvelles mesures anti-Covid-19, le pouvoir, « têtu » vient de publier en catimini, un décret rétablissant ces mêmes mesures. Avec la fin de la gratuité des tests PCR qui passent à 50.000 FCFA désormais pour tous les non vaccinés, c’est l’institution de l’obligation vaccinale.
Dans l’opinion, ce nouveau décret gouvernemental apparaît comme une défiance ostentatoire des décisions de la plus haute juridiction, pourtant susceptibles de non-recours. Le gouvernement qui rappelle tous les jours que le Gabon est un État de droit, manifestement ne semble respecter le principe que lorsqu’il lui est favorable.
Après avoir multiplié de bourdes en matière de communication, bourdes doublées de sa méconnaissance de l’ordonnancement des textes juridiques, après avoir été débouté deux fois de suite par la Cour constitutionnelle qui a annulé ses décrets tant sur la forme que sur le fond, le gouvernement gabonais qui semble avoir fait de la Covid-19 son projet de société, selon les critiques de la société civile, vient de publier en catimini un nouveau décret.
Et comme pour mieux asphyxier une population déjà démunie par la pandémie, la gratuité des tests PCR a été purement et simplement supprimée. Alors qu’ils étaient fixés à 20.000 et 50.000 FCFA pour les VIP dans les deux arrêtés annulés, tous les non-vaccinés sans distinction devront désormais débourser 50.000 pour passer ces tests indispensables au différents déplacements. Une telle somme ajoutée au coût déjà élevé des trajets à l’intérieur du pays donne du tournis dans un pays où le chômage et la cherté de la vie battent leur plein.
Il y a manifestement quelque chose de l’ordre du cynisme du gouvernement gabonais, décidé à pourrir le quotidien de sa population déjà bien en difficultés par l’application de ces mesures anti-coronavirus.
Dictature vaccinale
Tout cela au nom d’une « dictature vaccinale » menée à coups de bâton, alors même que le président Ali Bongo Ondimba, plusieurs fois dans ses différents messages à la Nation, avait promis et juré, la main sur le cœur, que la vaccination contre la pandémie de Covid-19 était bel et bien gratuite.
Comment alors comprendre ce revirement à marches forcées ? Même si le gouvernement répond que cette volte face est dictée par l’explosion des contaminations rythmée par le très contagieux variant Omicron, le constat communément admis est que la vaccination n’empêche pas les contaminations au Coronavirus, bien qu’elle participe à en limiter parfois les formes graves et les risques de décès.
Comment alors contraindre au vaccin quand celui-ci ne peut pas protéger contre un virus aux multiples rebondissements ? Que cache-t-on réellement derrière ce forcing vaccinal, inefficace ? Questions pertinentes d’autant que la situation épidémiologique du Gabon n’est pas si alarmante que tentent de la présenter les autorités et les chiffres du Copil gouvernemental. Des chiffres dont l’authenticité reste d’ailleurs à questionner au milieu de toutes ces contradictions du gouvernement de Rose Christiane Ossouka Raponda, qui visiblement ne sait plus où donner la tête dans cette « gestion cacophonique » de la pandémie.
CNN