[Gabon] UOB : le grand corps malade à l’abandon

 [Gabon] UOB : le grand corps malade à l’abandon

le grand corps malade à l’abandon Entre vétusté du décor et négligence notoire, l’institution qui ne figure pas parmi les classements africains ne procède plus que par des rafistolages acrobates pour boucler ces programmes pédagogiques.

C’est l’image d’un géant au pied d’argile qu’offre progressivement l’UOB à mesure que le temps passe. Créée en 1970, l’université Omar Bongo qui a formé de nombreux cadres de la République n’est désormais plus que l’ombre d’elle-même. 

Malgré la rénovation apparente et laborieuse des pavillons des étudiants et de certains amphithéâtres, l’établissement a largement perdu en visibilité, au point que la plupart des Gabonais, même démunis, préfèrent envoyer leurs enfants dans des écoles privées douteuses pour certaines, que dans cet établissement qu’ils considèrent comme une « poubelle intellectuelle« .

L’appellation « poubelle intellectuelle » peut être jugée excessive, mais elle peut aussi trouver son pesant d’or dans cette agonie de l’UOB  devenue grande malade abandonnée de tous. Et l’agonie est telle que depuis au moins trois ans, notre fameux temple du savoir ne parvient plus à boucler normalement ses années. 

Cette année par exemple se joue en trois mois seulement. Un semestre qui, jusque-là durait 13 semaines, sera bouclé cette année en seulement 6 semaines de cours. Ce qui sous-entend une fois de plus le bâclage des programmes pour une formation au final au rabais.

Comble de décalage, les nouveaux bacheliers de cette année ne pourront commencer les cours que l’année 2022, après une année forcée à la maison, et ainsi de suite. C’est « l’élite de demain ». Une élite presque pas formée pour ne pas dire mal formée.

Au fil des ans, l’université Omar Bongo, premier établissement supérieur du Gabon s’étiole peu à peu au point qu’il ne reste plus rien de cette grandeur. Malgré les discours, elle est là, se meurt au vu et au su de tous. En octobre 2019, alors que l’ancien Premier ministre, Julien  Nkoghe Bekale, par ailleurs, ancien étudiant de l’UOB promettait la reprise en main de l’établissement, avec une modernisation de son offre, deux ans après, rien ou presque n’a été fait. Au contraire, depuis cette promesse sans effet, la décrépitude de l’établissement n’a fait que s’accélérer.

Quid du ministre de l’éducation nationale  Mouguiama Daouda ?

À vue d’œil, cette aggravation de la situation de l’université Omar Bongo se déroule sous l’œil impuissant d’un professeur à la tête du ministère de l’enseignement supérieur, Patrick  Mouguiama Daouda. Conseiller en Éducation du président gabonais, Ali Bongo Ondimba pendant plusieurs années, il a été parmi les têtes pensantes des états généraux de l’éducation qui ont rendu leurs conclusions en 2019. On comprend ici que le slogan « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut » ne marche pas toujours sous les tropiques où les gouvernants ne sont pas jugés à la réalisation de leurs promesses, mais aux considérations politiques.

Plus qu’un champ de bataille géopolitique comme le dénonçait l’ancien Recteur, Marc  Ropivia, l’université Omar Bongo n’intéresse visiblement plus personne en matière de promotion de la science et de fabrication de l’élite de demain. C’est dire qu’en privilégiant uniquement l’enseignement professionnel avec des formations de 9 mois, au détriment des universités, le Gabon semble avoir fait le choix de la peu près, ignorant qu’un pays a autant besoin des techniciens que des théoriciens. Sauf à comprendre que l’université Omar Bongo n’est plus utile. Dans ce cas, ne vaudrait-il pas  mieux la fermer ?

CNN

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