[Gabon] Mairie de Libreville : Christine Mba Ntoutoume élue, fin de la valse ?
Après la démission trouble d’Eugène Mba en juin dernier, c’est au tour de Christine Mba Ntoutoume de prendre désormais les rênes de la mairie de Libreville. Avec son élection sans suspens mercredi 14 juillet, elle devient le troisième édile de la capitale gabonaise en deux ans. Une valse des maires qui manifestement couve la guerre de positionnement au sein du parti démocratique gabonais au pouvoir. Mais est-ce vraiment la fin de l’instabilité ?
Léandre Zue, Eugène Mba et maintenant Christine Mba Ntoutoume. Entre février 2019 et juillet 2021, la mairie de Libreville a vu défiler trois Maires en seulement deux ans, tous des élus du parti démocratique gabonais.
Le dénominateur commun de leur infortune, des soupçons de détournement d’argent public.
Si le cas de Léandre Zue qui croupit sans procès à la prison centrale de Libreville a été plus ou moins « digeste », celui d’Eugène Mba, lui n’a pas fini de susciter l’émotion.
Même si le vieux retraité dit avoir démissionné par probabilité morale, son accusation et son lynchage médiatiques par un groupe de sites proches du palais présidentiel, qui le matraquait sans relâche d’avoir détourné près de 340 millions FCFA a fini par convaincre de l’existence d’un complot ourdi au sein même de son propre parti le PDG.
Certaines sources avancent même que le désormais ex-Maire de la capitale gabonaise a été contraint à la démission, l’opposition prenant pour exemple, la procédure « cavalière » de la Gouverneure de Libreville, Marie Françoise Dikoumba, qui selon elle n’avait pas qualité à convoquer et à présider un Conseil municipal extraordinaire.
Guerre des tranchées
Mais qui, au PDG, est à l’origine de cette valse des Maires qui entache l’image de la plus grande municipalité du Gabon ? Pour quel dessein ? À qui profite ce « crime » jusqu’ici inavoué ? Qui, dans le sérail, décide de cette liquidation sous le paravent judiciaire ?
Pour l’opinion, il n’y a plus de doutes, la mairie de Libreville représentant un enjeu politique majeur, surtout dans la perspective de la présidentielle de 2023, la bataille semble avoir déjà commencé pour son contrôle, quitte à saper l’image de l’institution manipulée à souhait. Une « instabilité » un peu à l’image du pays, pour reprendre l’allusion de l’opposante Chantal Myboto. Mais au-delà de l’image de la municipalité, cette guerre de positionnement au sein du parti démocratique gabonais, montre à quel point, jadis le fameux parti de masses, devenu une nébuleuse insaisissable, semble désormais à la dérive, sans figure tutélaire, capable d’imposer l’ordre quand le désordre est en passe de prendre le dessus.
Peut-on enfin espérer la fin de cette valse des édiles avec l’arrivée de Christine Mba Ntoutoume qu’on met déjà sur le compte de la décennie de la femme ? Bien malin, qui pourra prédire la suite à la mairie de Libreville.
CNN