[Gabon] Mairie de Libreville : encore des doutes après la démission d’Eugène MBA
Comme annoncé, le maire de la capitale gabonaise, Eugène MBA a démissionné jeudi 17 juin dernier, lors d’un Conseil municipal extraordinaire, présidé par la Gouverneure de L’Estuaire, Marie Françoise Dikumba. Mais pour une démission intervenue dans un contexte flou, sur fond d’accusations médiatiques des détournements d’argent, des doutes demeurent encore pour ceux qui crient au complot, et même au vice de procédure.
La première incompréhension est liée au fait qu’Eugène MBA accepte encore d’assurer lui-même son intérim, pour un mois à la tête d’une institution dont il dit pourtant démissionner pour préserver l’image écornée par des accusations de détournements de fonds.
N’aurait-il pas été préférable pour lui de quitter définitivement une position qui lui était devenue plusqu’encombrante ? N’aurait-il pas été logique que cet intérim soit assuré par un de ses Adjoints dans l’ordre de préséance, en attendant l’élection d’un nouveau Maire ?
Il y a manifestement quelque chose qui ne tourne pas rond dans ce dossier. Comme si des magouilles se tramaient dans l’ombre de la mairie de Libreville, quitte même à faire entorse aux procédures.
Une entorse d’ailleurs décriée par certains Conseillers de l’opposition, qui menacent de saisir le Conseil d’État, car convaincus que la convocation même du Conseil extraordinaire n’a obéi à aucune régularité.
Même Raymond Ndong Sima ne décolère pas contre ces méthodes qu’il juge simplement « inacceptables« . Dans une tribune publiée sur Facebook, l’ancien Premier ministre estime que pour des accusations aussi graves et dont on reste jusqu’ici sans preuve, on aurait dû au moins saisir le Procureur de la République pour faire la lumière sur cette affaire qui éclabousse aussi bien l’institution Mairie que la personne d’Eugène MBA. Surtout que ces accusations n’ont été portées que par un groupe de médias détenus pour la plupart par des tenants du pouvoir. Or, rien de tel n’a été fait. Voilà qui pour Ndong Sima, porte atteinte à la « rectitude » du fonctionnement même de L’État.
S’agirait-il d’un complot ourdi contre le vieux retraité pour le contrôle de la plus grande municipalité du Gabon, à l’aune de la présidentielle de 2023 ? Serait-ce un arrangement avec Eugène MBA lui-même, qui justifie d’ailleurs sa démission par la nécessité de préserver la cohésion au sein de son parti le PDG ? Quelle serait alors la portée d’un tel deal qui compromet la crédibilité d’un homme en apparence sans histoire ?
Dans tous les cas, la démission d’Eugène MBA ne vient pas dissiper les doutes pour une Mairie devenue tristement le théâtre des influences politiques de tout genre, mais les accentue au contraire.
CNN