[Gabon] Reconfinement du Grand Libreville : pour quelle efficacité ?
Sans grande surprise, le gouvernement a durci les mesures de lutte contre le Coronavirus, en annonçant dans la foulée, le reconfinement du Grand Libreville face à la seconde vague de contaminations enregistrées par centaines depuis janvier dernier. L’annonce de ces mesures, lors d’une conférence de presse gouvernementale vendredi dans la capitale gabonaise fait suite à l’allocution, la veille, du président Ali Bongo Ondimba qui appelait à la responsabilité individuelle pour vaincre le virus.
Manifestement, le gouvernement gabonais n’aura rien appris de ses errements passés. Après un premier confinement soldé par un échec patent au plus fort de la pandémie de Coronavirus en avril dernier, notamment avec des difficultés observées dans la mise en œuvre des mesures sociales comme la gratuité des factures d’eau et d’électricité, des loyers pour les plus démunis, et une prétendue banque alimentaire qui avait montré toutes ses limites, les autorités viennent de rebeloter avec un nouveau confinement de Libreville et ses environs.
Certains bailleurs et tenanciers enregistrés lors de cette première mise sous cloche n’ont toujours pas été remboursés par l’Etat. Pis, ce reconfinement sans échéance, sans planning, ni mesures d’accompagnement pour les familles défavorisées et tous ceux dont les activités seront encore lourdement impactées par l’ampleur des restrictions annoncées charrie déjà en lui-même, les symptômes de son inefficacité.
Et pour cause, les chiffres enregistrés ces derniers temps montrent une dynamique de contaminations chez les jeunes, parmi eux, des élèves. Signe que les établissements scolaires sont devenus des foyers de contaminations. Or, en confinant sans fermer les établissements, même pour quelques jours, le temps d’une désinfection, le gouvernement prend le risque d’accroître ces contaminations, y compris pendant le confinement dont la mission consiste pourtant à les réduire.
En plus, avec le mouvement des populations qui vont continuer à circuler d’un quartier ou d’une localité à l’autre à l’intérieur du Grand Libreville, avec des afflux dans les marchés qui demeurent jusqu’à là les véritables lieux de contaminations, la poursuite du travail, même pour les services dits essentiels dans des administrations et entreprises déjà infectées, il y a risque que le confinement ne produise pas l’effet attendu, la chute et la maîtrise de la chaîne de contaminations. Ce qui serait un sacrifice imposé en vain à une population qui peine jusque-là à se relever des ravages de la première épreuve.
CNN