[Gabon]Administration publique: les enjeux du recensement biométrique Social Gabon Quotidien 29 août 2019Les effectifs pléthoriques de la fonction publique gabonaise n’ont jamais permis aux citoyens de se sortir de la lenteur administrative. Le pays compte 55 agents pour 1000 habitants. Ce qui est de trop dans la sous-région. De fait, la masse salariale culmine à près de 748 milliards de Fcfa par an, pour un Gabon sur endetté à hauteur de 5 600 milliards. Le recensement biométrique des agents de l’État, peut être une source d’économie et de performance administrative. Le point. Un nouveau recensement à quoi bon ? Telle est la sempiternelle interrogation que se pose le commun des mortels gabonais dans les bars et dans les taxis chaque soir. Pourtant, ce sont aussi ces mêmes gabonais qui se sont toujours plaints de la lenteur administrative en référence aux effectifs pléthorique de l’administration gabonaise soit 55 agents pour 1000 habitants, contre 12 agents pour 1000 habitants au Cameroun voisin. On hésite plus de parler dans le pays, d’une qualité de service médiocre qui est dans bien des cas aggravée par la faiblesse des systèmes d’information. D’où la nécessité de moderniser l’administration locale en continue pour revenir au principe de la bonne gouvernance qui traduit une efficacité des services publics au diapason des attentes de développement.Quel n’a pas été l’étonnement des populations en apprenant que l’État gabonais n’allait plus recruter pour les trois prochaines années ? Et comment recruter quand on a un fichier administratif truffé de fonctionnaires fantômes ? Certains allants jusqu’à s’accorder trois salaires dans des administrations différentes au moyen de patronymes fondés de toute pièce. Ce qui constitue là, des pratiques peu-orthodoxes qui ne cadrent pas avec les visées sur la relance de l’économie et surtout celles liées au remboursement de la dette. Une dette qui a explosé à plus de 5 000 milliards Fcfa, quant au même moment la masse salariale plafonne les 748 milliards de Fcfa.C’est dire qu’aujourd’hui, la vraie question n’est plus de se demander comment sommes nous arriver là, mais plutôt comment on peut en sortir ?Aussi en lançant le 29 août dernier les ateliers de restitution sur le déploiement du nouveau recensement, cette fois-ci biométrique s’il vous plaît, Le Ministère de l’emploi et de la fonction publique, du travail et de la formation professionnelle chargé du dialogue social a voulu prendre le taureau par les cornes en recourant à ce type de fichier qui aura la particularité contrairement aux précédents fichiers, d’être impartial et neutre. Mieux, ce fichier biométrique à venir permettra d’assainir et d’harmoniser les fichiers de la fonction publique avec ceux de la solde, de la Cnamgs et de la CPPF pour une meilleure gestion des ressources humaines de l’État.Ce nouveau fichier biométrique 2019 porté par la tutelle, n’épargnera personne pas même les parlementaires. En fait, il concerne tous les agents dont les salaires sont traités par la solde et couvrira également les fonctionnaires gabonais de l’étranger et ceux de l’intérieur du pays.Par conséquent, c’est pour lui donner toute sa force organisationnelle qu’une formation dédiée aux responsables hiérarchiques ministériels vient d’être organisée du 29 au 3 août dernier. Objectif : les informer sur la démarche à suivre par leurs agents pour se faire enregistrer. Mais encore, leur informer sur les mesures mises en place pour la protection de leurs données personnelles y compris les avantages qui en découlent. Un site web est d’ores et déjà mis en place pour faciliter les inscriptions à savoir: www.recensementbiométrique.ga. Par Michel Mbinah